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A moins de 25 ans, Clément Bénech a un parcours assez éclectique. Écrivain salué par la critique, pigiste pour la presse et étudiant en Master d’édition, Clément Bénech a déjà publié deux romans en moins de 4 ans : L’été slovène et Lève-toi et charme. Il prépare actuellement son troisième roman, une histoire d’amour à New York, où il est question de Tinder et d’Instagram. C’est chez lui, Porte de Champerret, un dimanche pluvieux, que nous l’avons rencontré.

Peux-tu nous parler de toi, de tes activités, de ton univers ?

Je m’appelle Clément. J’ai 24 ans. Je suis romancier. J’ai un chat qui s’appelle Dino et qui a fait une fugue d’un mois dans la campagne. J’aime bien le basket américain, la psychanalyse, le rap français et la littérature.

Je suis étudiant en Master 2 d’édition à la Sorbonne. Par ailleurs, je travaille pour la presse, j’écris pour la rubrique “Images” de Libération et parfois pour d’autres titres. J’ai publié deux romans chez Flammarion.

D’où te vient cette passion pour l’écriture ?

Ma grand-mère travaillait chez Bayard presse et quand j’étais enfant, j‘ai beaucoup lu, toutes les publications pour la jeunesse. Je dévorais ça. De “J’aime lire” à “Okapi”.
Donc c’est d’abord un désir de lecture, quand j’étais enfant je lisais beaucoup, adolescent un peu moins.

Après c’est le fait qu’on a un rapport au monde qui est d’ordre verbal, l’impression d’un accomplissement quand on fait une phrase. Je pense que c’est le fait d’appréhender le monde par le langage. Je ne sais pas si ça peut être expliqué ou rapporté à une hérédité.

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Quelle est la personne qui t’a le plus influencé ?

Patrick Modiano, j’ai découvert ses livres à 17 ans, l’année de mon bac, ce qui m’a permis de renouer avec la lecture. Je l’avais vraiment délaissée pendant tout mon collège et une partie de mon lycée. C’est grâce à ce retour à la lecture que je me suis “mis à l’écriture”. Cela dit, quand j’étais adolescent je faisais de la bande dessinée donc ce n’est pas comme si je m’étais mis à créer du jour au lendemain. J’ai juste abandonné le dessin.

Quand j’ai lu les livres de Modiano, je me suis dit : “Ah, on peut faire ça avec des mots. C’est ce que je veux faire”. Au lycée on ne lit que des classiques pour les cours et c’est rarement très exaltant. D’autant qu’on a pas toujours l’âge et la maturité nécessaire pour les apprécier. Modiano est tombé à un moment précis où je pouvais l’apprécier pleinement.

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Quelles sont tes inspirations artistiques ?

J’ai une triade d’écrivains, que j’ai lu, relu et rerelu qui sont Patrick Modiano, Éric Chevillard, et Jean-Philippe Toussaint, que j’ai découvert entre 2008 et 2010.
Après, il y a plein de choses qui m’intéressent en tant que personne mais tout ne me nourrit pas comme écrivain.

J’aime la peinture mais je ne suis pas sûr qu’elle me nourrisse, la photo j’en doute également, la musique peut-être plus et notamment le rap, Booba par exemple. J’aime beaucoup la chanson française Léo Ferré, Jean-Louis Murat et plus récemment Thomas Fersen. Toutes les formes de langage qui sont un peu opérantes ou affirmatives. D’autres écrivains m’ont beaucoup inspiré récemment, Emmanuelle Pireyre qui a reçu le prix Médicis en 2012, avec un livre qui s’appelle Féérie générale, paru chez l’Olivier, qui contient des photos, des extraits de forums internet, quelque chose de très neuf et de très stimulant d’un point de vue créatif.

Une passion particulière ?

La psychanalyse m’a donné une direction pour l’écriture. J’ai commencé à m’y intéresser au début de mes études de lettres et c’est une vision du monde qui me parle beaucoup, sur la puissance du langage, la valeur des symboles, l’importance accordée aux rêves. J’ai beaucoup lu Freud, qui écrit excellemment. J’ai vraiment eu l’impression de voir le monde totalement différemment après m’être intéressé à la psychanalyse.

Quels sont tes projets à venir ?

Je suis en train d’écrire un roman qui se passe à New York et qui parle de Tinder et d’Instagram. Je vais aller plus loin dans l’insertion de la photo que dans “Lève-toi et charme”. C’est l’histoire d’amour entre un roumain et une française.

Parallèlement à ça, j’écris un texte qui est plus théorique, un petit essai sur les liens entre texte et image et principalement dans le roman. C’est un peu les réflexions qui me viennent parallèlement à l’écriture, une espèce de boîte à outils.

Un morceau que tu écoutes en ce moment ?

J’écoute beaucoup “Plume” de Nekfeu. Je n’adore pas tout l’album mais ce morceau-là oui. Je suis assez impressionné par le talent du mec, le lyrisme du personnage.

Un lieu où tu aimes aller ?

J’aime bien aller à la Butte-aux-Cailles à Paris. C’est le parisianisme ultime parce que tu as l’impression de ne pas être à Paris.

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Un artiste coup de cœur ?

L’an dernier, j’ai lu un livre suisse des années 70, Mars de Fritz Zorn. C’est vraiment un livre incroyable, sur les méfaits de la bonne éducation.

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Une personnalité à interviewer pour 10point15 ?

François-Henri Désérable un sacré écrivain en plus d’être photogénique ! On parle beaucoup en ce moment, parce qu’on est chacun sur notre troisième roman. À chaque fois nos romans sont sortis quasiment au même moment, le premier à une semaine d’intervalle, le deuxième à quelques mois, du coup on se talonne en ce moment mais on se soutient mutuellement.

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