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C’est dans le 7e arrondissement de Paris, que nous retrouvons Léopoldine Siaud et Thomas Symonds, le duo créatif du studio Dimanche et fondateurs de “Papier”, tout nouveau magazine qui promeut l’illustration et ses artistes. Passionnés d’illustration et de création graphique, ils en ont fait en un leitmotiv au quotidien pour collaborer et créer ensemble autour de projets très variés. C’est avec plein d’idées en tête et de l’enthousiasme à revendre que nous avons découverts ce duo talentueux et dynamique.

Pouvez-vous nous parler de vous, de vos activités et de votre univers en quelques mots ?

Léopoldine – Je suis parisienne d’origine et ai fini mes études en mai dernier après avoir passé 3 ans à l’école supérieure d’arts graphiques Penninghen à Paris, et auparavant 3 ans à l’école Olivier de Serres où j’ai découvert l’illustration. Je suis passionnée de dessin et notamment de dessins de sportifs. J’aime dessiner au feutre. J’ai monté le studio Dimanche avec Thomas il y a un an. On est assez complémentaires tous les deux, on se charge ensemble de la direction artistique de projets variés. On a juste un rôle différent avec chacun une spécialité propre. Je m’occupe plus de la partie print alors que Thomas se charge de la partie vidéo. Moi j’arrive à l’heure et suis plus organisée (rires). On se charge de l’identité graphique de projets, tant sur des projets papiers que des projets web, comme par exemple pour un magazine. Mais nous nous occupons aussi de la réalisation de spots publicitaires à travers la vidéo et dans ce cas-là c’est plus Thomas qui prend les rênes du projet.
A côté de ça, on est tous les deux passionnés d’illustration. C’est ce qui nous lie et c’est aussi pour cela qu’on a créé le magazine “Papier”.

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Thomas – Moi j’ai commencé à faire du droit pendant 5 ans puis j’ai tout arrêté pour commencer des études de graphisme pendant un an à l’ECV à Aix. J’ai intégré ensuite l’école supérieure d’arts graphiques Penninghen en deuxième année où j’ai connu Léopoldine, qui elle est arrivée en troisième année. Comme l’a dit Léopoldine, on a monté le studio l’année dernière et on est complémentaires sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, nous prenons toutes les décisions ensemble sur ce qu’on veut dire par l’image. On est multidisciplinaires parce qu’on aime l’image sous toutes ses formes. Comme nous ne sommes qu’à deux dans le studio, on est autant décisionnaires qu’exécutants, alors que certains directeurs artistiques décident mais n’exécutent pas… Techniquement, on a chacun nos compétences. Elle va être meilleure sur Indesign (logiciel de mise en page) alors que moi ça va être sur Photoshop (logiciel de retouches photo). Pour la vidéo c’est moi, et parfois pour le web c’est elle. On a des projets alimentaires et des projets artistiques. On fait de tout mais on choisit aussi des clients qui ont un beau message ou qui ont un beau projet dans lequel on peut s’exprimer. On commence à avoir des clients qui viennent nous voir pour des choses qu’on a déjà fait, donc c’est bien ! On travaille sur des projets autour de la pub ou des projets promotionnels, tels que des petits clips pour des marques de vêtements ou encore la direction artistique d’un magazine de photos de luxe. C’est très variés !
Le studio est basé chez moi. On se connaît maintenant depuis trois ans et ça a toujours bien marché entre nous. En plus d’être un duo au boulot on est aussi de très bons potes. La cohabitation entre notre vie professionnelle et nos vies privées marche très bien aussi, on a tous les deux des vies bien remplies à côté du studio. Léopoldine m’initie au bio et au made in France et moi par contre je ne l’initie à rien, mais c’est bien comme ça (rires) !

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Parlez-nous de votre parcours… D’où vous vient cette passion pour l’illustration ?

L – Moi ça m’est venu très tardivement. J’ai jamais dessiné avant le lycée et je pense que c’est grâce à une de mes professeurs à Olivier de Serres que j’ai appris à aimer ça ! C’était le seul cours que je trouvais vraiment passionnant. Je trouvais qu’il était plus facile de m’exprimer à travers le dessin plutôt qu’en volume par exemple. Mais je n’avais jamais imaginé que je pourrais en faire mon métier. J’ai donc décidé de me spécialiser en art graphique et de continuer à faire du dessin pour moi à côté. Dessiner est devenu un passe-temps et un moment positif dans ma journée car ce n’était pas une obligation. J’ai beaucoup dessiné à partir de ma première année à Olivier de Serres et mon style a beaucoup évolué depuis ces dernières années parce que je me suis cultivée et que j’ai aussi fait beaucoup de tentatives ratées. Tester de nouveaux styles de dessins a toujours été un plaisir. Si je devais définir mon style de dessin aujourd’hui je dirai qu’il est un peu naïf, un peu brut aussi. J’ai un site en ligne d’ailleurs qui se présente plus comme un portfolio avec une sélection de dessins réalisés pour des magazines, des marques ou juste pour moi. Il y a un shop aussi parce qu’en ce moment j’ai découvert une technique pour faire des bougies, donc je vends mes bougies sur mon site. J’aime l’idée d’appliquer mes dessins aux objets. C’est un projet récent, il n’y en a pas beaucoup mais j’aime bien cette idée-là…

T – Contrairement à Léopoldine, moi je dessine depuis que je suis tout petit. Aujourd’hui je dessine beaucoup moins qu’elle, parce qu’en effet je n’ai plus trop le temps et que j’ai choisi de faire d’autres choses. Mais j’aime toujours autant ça et le cinéma aussi ! Je suis passionné de cinéma. En dehors du studio, je travaille sur de nombreux projets personnels. Comme mes illustrations : je résume des films par des dessins. Je n’ai pas vraiment le temps de développer ce projet mais il y a un site portfolio où je présente ce que je fais. A côté aussi, je travaille sur un documentaire au sujet de la natation synchronisée, sur deux filles de l’équipe de France qui sont parties aux Jeux Olympiques. C’est en cours, je vais bientôt commencer le montage et il y a également une page facebook et un compte Instagram qui sont dédiés à ce film qui s’appelle “Immergées”.

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Papier Magazine qu’est-ce que c’est ? Et comment vous est venue l’envie de le créer ?

T – Papier est un tout nouveau magazine qui promeut l’illustration et ses artistes, que nous avons créé avec Léopoldine. Ce projet est surtout un moyen pour nous de promouvoir l’illustration. Je pense qu’à la base ça vient surtout du fait que ce domaine n’était pas mis en avant et surtout pas considéré comme un art au même niveau que les autres. Il y a énormément de revues ou de magazines photos, de musique, de bande-dessinées ou encore d’histoire de l’art, mais pas d’illustration.

L – Aujourd’hui l’illustration se limite aux fanzines ou aux petits formats. Nous voulions créer un magazine à la fois beau et de belle qualité, qui soit un bel objet mais aussi grand dans sa taille pour laisser toute la place aux images et mettre l’illustration au premier plan.

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T – Et surtout parce qu’il n’existait pas de magazine comme ça! La particularité de Papier, c’est que le format une fois ouvert – 38 sur 56 centimètres – permet d’apprécier entièrement les œuvres publiées à l’intérieur. A la base, ces œuvres sont dessinées en grand format par les artistes. Grâce à la taille du magazine, on retrouve presque leur dimension initiale. On voulait aussi sortir du format web, qui restreint la visualisation de l’image. La plupart des illustrations publiées dans ce premier numéro ont été réalisées spécialement pour le magazine et les autres ont été données par les artistes, ce qui nous rend très heureux.

L – Il y a 40 illustrateurs publiés (la liste des artistes publiés est à retrouver en bas du portrait), dont des artistes basés en Allemagne, en Angleterre, en Australie, au Japon, en Suède ou encore en Espagne. Papier Magazine laisse la place aux œuvres mais quelques pages centrales sont aussi réservées à la présentation des artistes. Les textes sont rédigés en français et en anglais. Nous ne voulions pas nous cantonner aux pays francophones et souhaitons pouvoir distribuer le magazine à l’international. Nous avons un shop en ligne qui nous permet de le vendre partout, mais il est aussi possible de se le procurer dans un des 7 points de vente sur Paris. Notre but est de pouvoir travailler avec des distributeurs et de pouvoir proposer Papier partout mais ça, ça sera surtout pour les prochains numéros je pense (rires).

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T – Pour lancer ce projet, nous avons monté une association “Dimanche Édition” dont le but est de promouvoir l’art et l’illustration. A long terme nous souhaiterions aussi organiser des événements autour de l’illustration. Tous les bénéfices de la vente du premier numéro seront réinvestis dans la production du numéro 2. Le premier numéro a été entièrement auto-financé par nous-mêmes et grâce à l’aide de notre partenaire, l’agence et imprimerie Wands. C’était un réel choix de le faire imprimer en France – alors oui c’est plus coûteux que si nous l’avions imprimé au Portugal – mais nous tenions fortement à collaborer avec une société française.

Quels sont vos projets en ce moment et à venir ?

L – Alors, nous lançons officiellement le numéro 1 de Papier Magazine le 17 novembre prochain à Paris dans les locaux de notre imprimeur Wands. Nous sommes aussi déjà sur la production du numéro 2. Nous avons choisi le thème qui sera “luxe” et avons lancé notre appel à participation aux illustrateurs. Nous avons même déjà la date de lancement du numéro qui, nous l’espérons, aura lieu lors de la fashion week de Paris, le 28 février prochain. On est en recherche active de sponsors en ce moment, et ça prend beaucoup de temps. Et bien sûr tout ceci est un métier nouveau pour nous, la distribution, la communication, etc… C’est un apprentissage sur le tas, on fait sûrement plein d’erreurs mais d’un autre côté nous apprenons beaucoup de choses tous les jours. On veut aussi développer l’association avec d’autres projets comme des événements.

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T – Sinon comme autre projet aussi, on aimerait vraiment beaucoup devenir professeurs et proposer des cours en binôme, soit d’illustration soit d’arts graphiques. Alors on commence à se renseigner, sur les démarches à effectuer, sur les écoles à contacter. Comme on a fait 4 écoles à nous deux, on a un peu de réseau et on espère pouvoir faire ça bientôt (rires) !

Quelle est la personne qui vous le plus marqués ou influencés professionnellement ?

L – Alors moi, c’est la prof que j’avais à Olivier de Serres et dont je parlais tout à l’heure, Sandrine Libe. Je pense d’ailleurs qu’elle serait très étonnée de savoir que c’est elle, la personne qui m’a le plus influencée (rires). Aujourd’hui elle est toujours professeure de “composition et surface” à Olivier de Serres. Outre le fait qu’elle était très accessible et qu’elle alimentait à chaque fois ses discours d’images, elle m’a surtout permis de me cultiver et de me décomplexer dans mon approche du dessin. Mon style de dessin a considérablement évolué à son contact, j’ai vu une réelle différence entre mes débuts en première année et la fin de mon cursus. Elle m’a véritablement amenée à ce que je voulais faire et à me trouver. J’étais très stressée par exemple à l’idée de copier les gens. Elle m’a fait comprendre que tout le monde copiait tout le monde au départ et que cela permettait surtout de trouver son propre style et découvrir ce que je voulais vraiment faire.

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T – Alors moi c’est mon professeur de photo que j’avais à Penninghen, Shaun Séveri, qui est aujourd’hui devenu un ami. Il est réalisateur et nous l’avons eu en cours de photographie en Master. Je m’identifie beaucoup à lui et encore plus maintenant que je le connais personnellement. C’était le premier qui structurait ses cours et qui les rendait passionnants. Il nous présentait des photographes très différents et les sujets qu’il nous donnait été très intéressants. Il était très pédagogue aussi et ça ce n’est pas rien. Par exemple, si tu étais nul, il te disait pourquoi ! Maintenant que je le connais mieux, je trouve qu’on se ressemble beaucoup.

Une passion particulière ?

T – La natation ! Je fais ça depuis que je suis tout petit et j’en fais dans un club sur Paris. J’ai repris sérieusement cette année, j’y vais 4 fois par semaine et je fais aussi des compétitions. Il y a les championnats du monde des masters pour les plus de 25 ans en août prochain à Budapest, c’est donc mon objectif pour l’année prochaine.

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L – A côté du dessin, je dirais la nourriture ! Je déteste faire à manger mais j’adore manger, j’aime qu’on me fasse à manger (rires). Et mon copain fait très bien à manger. C’est un des trucs que je préfère dans la vie.
J’aime aussi beaucoup lire. En ce moment, j’ai décidé de relire l’intégralité de Zola, je lis donc “La Terre” mais c’est très ennuyeux. Du coup à côté je lis dans le métro “La vérité sur l’affaire Harry Quebert” de Joël Dicker et ça c’est pas du tout ennuyeux (rires)!

Un lieu où vous aimez aller ?

T – Le cinéma !

L – J’adore aller au café! Il n’y a pas une journée où je ne vais pas au café. J’adore boire du café alors que je déteste ça, je crois que c’est l’image d’être au café et que ça doit être lié à mon enfance… Et il n’y en a pas un en particulier, j’aime changer de lieu tous les jours.

Une anecdote à nous raconter ?

T – Lorsqu’on a commencé notre activité en freelance, il fallait choisir un mot de passe pour l’ordi et nous avions décidé de mettre le montant de ce que l’on gagnait histoire de marquer le coup et de nous motiver à le changer très vite, c’était une somme dérisoire. Depuis le mot de passe est resté le même mais fort heureusement le montant a évolué (rires) !

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Un morceau que vous écoutez en ce moment ?

T – J’écoute toujours les mêmes trucs et Léopoldine ne supporte pas du tout (rires). J’aime écouter des playlists déjà existantes sur Youtube, mais très souvent la chaîne propose d’autres morceaux en lien direct ou pas avec ce qu’on a décidé d’écouter et parfois ce n’est pas forcément le meilleur son!
Sinon on adore tous les deux Brel, mais ce n’était pas gagné vus nos goûts très différents en terme de musique. Mais voilà, on aime écouter ses albums et en général on met les playlists Youtube de Brel !

Une personnalité que vous nous recommandez de rencontrer pour un portrait 10point15 ?

L – Je pense à ma copine Laura Essayie, une créatrice française de bijoux qui vit entre Paris et les Pays-Bas. Les lignes de ses créations sont claires et se veulent les plus brutes possibles. Elle travaille le laiton, l’argent et l’or. Tout est fait à la main dans son atelier. C’est quelqu’un à rencontrer et qui ferait un portrait très intéressant !

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Artistes publiés dans Papier Magazine #1 :
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